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Manager avec le développement durable

Que ce soit sur l’environnement ou le développement durable, la surmédiatisation a développé représentations, clichés et contrevérités. Dès lors, chaque entreprise doit se réapproprier le thème et ses enjeux. Le besoin est fort de comprendre, de partager le diagnostic et d’engager des plans d’action concrets et crédibles.

 

Posons le sujet du point de vue du manager — je comprends — je développe mes compétences — j’agis — je mesure. Et du rôle clé que doit jouer de la fonction ressources humaines.

 

Je comprends

 

Les dernières enquêtes d’opinion montrent une saturation des Français par rapport au développement durable. Elle est sans aucun doute légitime. Parler de développement durable, c’est se situer sur le long terme. Et la primauté va au court terme.  Le consensus scientifique est difficile et long à établir. Il est, dès lors, souvent remis en question. La part de voie dans les médias, en fonction de l’actualité, le place devant des questions jugées autrement prioritaires. Pour la majorité des Français : l’emploi, le logement et le pouvoir d’achat par exemple. Pour les entreprises : la rentabilité, la satisfaction des clients d’aujourd’hui, le financement, le climat social, etc.

 

Au final, les représentations, les clichés, et les contrevérités se multiplient. Dans et en dehors de l’entreprise. Quelques exemples. On mélange principe de précaution et le principe de prévention. L’actualité survalorise certains sujets (ex. : les gaz à effets de serre) au détriment d’autres (ex. : l’eau). Les opinions deviennent parfois tranchées et caricaturales : « le développement durable, ce n’est que de la communication ».

 

Le développement durable est un sujet complexe qui ne se satisfait pas d’approches toutes faites, partiales ou partielles. Pour mener à bien une politique de développement durable en entreprise, il est incontournable d’en développer une compréhension partagée et concrète.

 

Acculturation, sensibilisation et formation/action sont 3 leviers sur lesquels peuvent agir les ressources humaines.

 

Par une formation action, il serait possible de répondre aux questions suivantes : qu’est-ce que le développement durable ? Quels enjeux pour mon secteur d’activité ? Pour mon entreprise ? Quelles stratégies et plans d’action ? Des questions essentielles auxquelles chaque manager devrait être en mesure de répondre...

 

Je développe mes compétences

 

On assiste à la fois à :

ü  L’émergence de certains métiers qui requièrent des compétences spécifiques (ex. : le management environnemental des organisations, l’écoconception, le management du développement durable, les métiers de la performance énergétique, etc.) ;

ü  Un besoin de développement des compétences existantes (ex. : les achats) ;

ü  Une inflexion d’autres (ex. : intégration de nouveaux objectifs, de nouveaux processus, nouveaux marchés). Pas un manager qui ne soit impacté par le sujet.

Le développement des compétences et l’intégration de compétences stratégiques, tant dans le domaine du développement durable que de l’environnement, sont devenus incontournables dans une politique de ressources humaines. Pour chaque manager, c’est répondre à ces deux interrogations : quelles évolutions sur mon métier et mes responsabilités ?

 

J’agis

 

Agir présuppose de le faire dans un cadre général défini par l’entreprise autour d’une vision et d’une stratégie. Elle doit ancrer le développement durable dans le réel. Intégration stratégique et intégration opérationnelle sont indissociables.

 

Mais que peut-être une stratégie développement durable si elle ne se décline pas dans les lettres de missions de chaque manager pris individuellement et sans exception ?

 

La question de l’appropriation est centrale dans une démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), autre nom donné au développement durable. Il faut à tout prix éviter une absence de crédibilité (la RSE perçue comme « cosmétique ») ou un effet soufflet (une mobilisation qui ne dure pas dans le temps). Il va falloir réussir à l’ancrer dans les gènes de l’entreprise. Un enjeu fort de conduite du changement auquel ne sauraient être étrangères les ressources humaines.

 

Je mesure

 

« Ce que l’on mesure a une incidence sur ce que l’on fait et les indicateurs sont importants pour concevoir et évaluer les politiques1 ».

 

La seule mesure de la performance opérationnelle ou du résultat économique a montré toutes ses limites. Le résultat attendu doit être désormais objectivé sur des critères élargis. Il en va de même pour le système de rémunération. Certaines grandes entreprises ont d’ores et déjà pris des initiatives en ce sens, à l’instar de Danone ou d’EDF qui assoient désormais la part variable des tops managers en 3 tiers : performance économique, sociale et environnementale, à parités égales.

 

L’action de chaque manager pourrait aisément être évaluée à l’aune de 3 critères : économique, environnemental, social. C’est à ce prix que le développement des entreprises sera durable. Une révolution culturelle à engager, et les ressources humaines en sont un acteur stratégique.

 

Philippe CORNET

 

philippe.cornet@les-evolutionnaires.com

 

Les évolutionnaires : blog d’analyses et commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable et l’environnement. Méthodes et Outils

 

Copyright © — Philippe Cornet — publié le 1er juillet 2010

 

 

1 à  Joseph Stiglitz — économiste

 

Rédigé le jeudi 01 juil 2010 à 14:34 dans Du management et de la conduite du changement | Lien permanent | Commentaires (0)

Tags Technorati: management et développement durable, mesure du développement durable

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10 questions clés, sur la dimension environnement, dans une démarche de développement durable ?

Second opus sous l’angle « questions clefs », après celui sur l’économie et la finance. En une dizaine de questions essentielles : pour bien démarrer sur le sujet, faire un diagnostic de ce qui est engagé ou encore se redonner de la perspective.

 

ü  Quels métiers, activités et technologies dominantes dans l’entreprise ?

 

ü  Quelles interfaces techniques et physiques1 de l’activité avec les problématiques environnementales, de l’amont à l’aval ?

 

ü  Quels types et quels niveaux de risques ? Et quelles sources potentielles d’irréversibilité ?

 

ü  Quelle sensibilité médiatique du métier, du secteur, de l’entreprise ?

 

ü  Quelle priorité du métier, du secteur, de l’entreprise au regard de l’action de l’état (pouvoir de planification, de règlementation, de contrôle et sanction, d’investissement, d’incitation, d’observation et de connaissance) ?

 

ü  Quelles parties prenantes majeures (usuelles et spécifiques) ? Quels rôles et sensibilités des ONG ?

 

ü  Quels enjeux environnementaux sur le court, moyen et long terme ?

 

ü  Quelles échelles du temps de l’activité (temps de conception, durée de vie des installations…) et des produits et services (durée de vie des produits et services, taux de renouvellement, garanties…) ?

 

ü  Quels indicateurs clefs (indicateurs d’activité, de processus et indicateurs de performance) ?

 

ü  Quels systèmes de management et de certification (organismes, produits et services) ? Et quelles compétences clefs ?

 

ü  Quelles incidences de l’environnement sur les marchés, les produits et services, les clients ? Et quelles dynamiques concurrentielles2 ?

 

À venir, le troisième opus « questions clefs » sur le thème social.

 

Philippe CORNET

 

philippe.cornet@les-evolutionnaires.com

 

Les évolutionnaires : blog d’analyses et commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable et l’environnement. Méthodes et Outils

 

Copyright © — Philippe CORNET — 16 juin 2010

 

 

1 à Interfaces au sens « impact sur l’environnement » : prélèvements physiques (matières premières, sous-produits et coproduits) — prélèvement eau — artificialisation de sols — impact sur la biodiversité (biotope, biocénose et écosystèmes) — Déchets (dangereux et non dangereux) — Rejets (eau) — Pollutions (air, eau, sols) — Gaz à effets de serre — Nuisances (sonore, thermique, vibratoire, odeurs, paysages), etc. Qualifier et quantifier, dans une vision environnementale et économique.

 

2 à Selon les 5 forces de M. Porter : Rivalry among existing competitors : Threat of new entrants — Bargaining Power of suppliers — Bargaining power of buyers — Threat of substitute products and services

Rédigé le mercredi 16 juin 2010 à 18:37 dans De la méthode et des outils | Lien permanent | Commentaires (0)

Tags Technorati: dix questions clefs sur l'environnement en entreprise, l'essentiel, les questions stratégiques prioritaires

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Développement durable et veille : être en mode veille ? Veiller ? Ou s’éveiller ?

La veille est au cœur même de la notion de développement durable. Et la question n’est pas tant de savoir ce qu’est la veille, mais à quelle est sa finalité et de quoi elle est révélatrice. Dans un monde en perpétuelle évolution, développer ses capteurs est indispensable. Attention ! Le capteur peut être passif. Plus qu’entendre, les entreprises et organisations doivent être en mesure d’écouter et de rester ouvertes… De s’éveiller ?

 

Est-il utile de rappeler que l’inflexion majeure portée par le développement durable est temporelle ? Le développement durable pose la question du long terme. Rappeler aussi que si le facteur déclenchant du développement durable est l’environnement, les solutions sont le plus souvent économiques et sociales. Dans ce contexte, la pression1 exercée sur les ressources et sur le système s’analyse en continu. De même que le jeu des acteurs et la concurrence. D’où l’impérieuse nécessité d’une veille…

 

Veille et règlementation

 

Classiquement, la veille est associée à la règlementation. C’est un fondamental, sur lequel il est malgré tout utile de revenir.

 

Que ce soit sur le social, ou sur l’environnement, le cadre évolue en permanence. Mais le strict respect de la règlementation est insuffisant pour construire un avantage concurrentiel, bien qu’étant indispensable. Une veille bien conduite permet d’anticiper la règlementation et d’organiser très en amont la prise en compte ses incidences sociales, techniques et économiques. Une règlementation suit un processus long d’élaboration et comporte des délais d’application, généralement plus de deux ans. L’entreprise peut donc mesurer à l’avance les incidences sur son activité et programmer les actions nécessaires. Elle peut aussi peser sur la règlementation, son niveau et ses délais d’application. Soit directement, soit au travers d’un syndicat professionnel.

 

Veille et attitude face à l’avenir

 

Bien sûr, chaque entreprise est concentrée sur la bonne exécution de sa mission à court terme : honorer une commande client, faire face à un impondérable de production de bien ou de services, etc. Mais la veille pose la question générale de l’attitude de l’entreprise face à l’avenir. Est-elle passive, réactive, préactive ou proactive2 ? Quelle est son attitude face à l’avenir ?

 

Passive > elle va subir le changement. Telle une autruche, elle risque le déclassement à plus ou moins court terme.

Réactive > elle réagit dans l’urgence. Tel le pompier, elle s’expose à des surcouts, de la désorganisation et une compensation partielle du retard de son action.

Préactive > elle cherche à se prémunir des risques futurs. Tel un assureur, elle sait se préparer au changement et prévenir plutôt que guérir.

Proactive > elle agit pour construire le futur. Tel un entrepreneur, elle sait que sa capacité d’action lui permet de construire son avenir.

 

Veille et innovation

 

Le socle de veille en ce domaine est la veille R&D. Essentiel. Mais la R&D n’est pas l’innovation… Et la veille avant tout un levier pour préparer le futur et innover : expérimenter, s’ouvrir et passer d’un état à un autre.

 

Elle doit amener chaque entreprise, chaque organisation à répondre à trois questions.

 

Expérimenter : quel est son niveau d’expérimentation de nouveaux concepts, de nouveaux produits et services, de nouveaux business models ?…

S’ouvrir : quelle est sa capacité à penser des écosystèmes innovants ? À capter et être en phase avec l’évolution des tendances?...

Réaliser les transitions : quel est son niveau d’intégration de l’écoconception, de l’éco-innovation ? Quelles transitions de son modèle économique, dans son propre contexte de rareté et de volatilité des ressources ?…

 

Alors ? Être en mode veille ? Veiller ? Ou s’éveiller ? Passé le cap des fondamentaux règlementaires et de la R&D, la veille est une attitude générale d’ouverture. Avec une finalité évidente : agir pour construire son propre avenir en mode « vert » et « ouvert » !

 

Philippe CORNET

 

philippe.cornet@les-evolutionnaires.com

 

Les évolutionnaires - blog d’analyses et commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable et l’environnement - méthodes et Outils

 

Copyright © — Philippe Cornet — publié le 4 juin 2010

 

1 à Pression exercée par la démographie et le développement des pays émergents sur les ressources ; finitude des ressources

 

2 à D’après Michel Godet et Philippe Durance – La prospective stratégique – Dunod

 

Rédigé le vendredi 04 juin 2010 à 15:40 dans Du management et de la conduite du changement | Lien permanent | Commentaires (0)

Tags Technorati: développement durable, environnement, veille, veille et innovation, veille R&D, veille règlementaire

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Panorama des normes, référentiels, outils et acteurs de l’environnement

Second panorama, après celui consacré au développement durable. Une vue complète des référentiels, normes, outils et acteurs de l’environnement. Pour vous faire gagner du temps ou compléter votre vision. Avec les limites associées à cet exercice : il ne dit pas quel est la méthodologie pertinente pour votre entreprise ou votre collectivité, ni comment s’en servir. Ce panorama a vocation à être complet et mis à jour.

 

 

accords internationaux

 

P RAMSAR

Convention internationale sur les zones humides

P CITES

Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (convention de Washington – 1973)

P UNESCO

Volet patrimoine et environnement

P MARPOL

Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (convention de Londres – 1973 ; révisée en 1978)

P Protocole de Montréal

Protocole international sur la protection de la couche d’Ozone - 1989 – 193 pays

P La Convention de Stockholm

Convention sur les polluants organiques persistants (POP) – 2001 – 151 pays

P La Convention d’Aarhus

Convention sur accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement – 1998 – 41 pays

P La convention de Bâle

Convention sur l'exportation et l'élimination des déchets dangereux, sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et leur élimination – 1989 – 170 parties

P Protocole de Kyoto

Protocole sur les gaz à effet de serre - signé en 1997 – entré en vigueur en 2005

P Protocole de Carthagène

Protocole sur la prévention des risques biotechnologiques relatif à la convention sur la diversité biologique : régulation de l'importation et l'exportation d'OGM. 2000 – 147 parties

 

 

management environnemental des organisations - normes

 

P Iso 14001:2004

Systèmes de management environnemental - Exigences et lignes directrices pour son utilisation (certifiable)

P EMAS:2009

Eco-Management Audit and Scheme (évaluable)

 

 

management de l’énergie - norme

 

P NF EN 16001 juillet 2009

Systèmes de management de l'énergie - Exigences et recommandations de mise en œuvre – juillet 2009

 

 

analyse du cycle de vie produits et services - normes

 

P ISO 14040:2006

Management environnemental - Analyse du cycle de vie - Principes et cadre – Juillet 2006

P ISO 14044:2006

Management environnemental - Analyse du cycle de vie - Exigences et lignes directrices – Juillet 2006

P FD ISO/TR 14049

Management environnemental - Analyse du cycle de vie - Exemples d'application de l'ISO 14041 traitant de la définition de l'objectif et du champ d'études et analyse de l'inventaire – Fascicule de documentation (FD) - Décembre 2000

P ISO/TR 14047:2003

Management environnemental - Exemples d'application de l'ISO 14042 traitant de l’évaluation de l'impact du cycle de vie – Rapport technique (TR) - Octobre 2003

 

 

analyse du cycle de vie – programmes et référentiels

 

P Life Cycle Initiative

Life cycle programs (management, inventory, impact assessment) par le PNUE, le SETAC, des fondations, gouvernements et entreprises

P Life Cycle Thinking and Assessment

Programme de la Commission Européenne – JRC – Institute for Environnement & Sustainabilty

Guidelines, brochures and flyers

 

 

carbone - analyse du cycle de vie monocritère et multi-étapes

 

P Bilan Carbone – ADEME

Méthodes, formations et outils de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre

P Carbon Disclosure Project

ONG spécialisée dans la mesure et le reporting des Gaz à Effet de Serre (GES) pour les investisseurs et la supply chain publique et privée

P Greenhouse Gas Protocol Initiative

Fondation issue d’un partenariat entre le WRI et le WBSCD – Méthodes et outils de comptabilisation des GES pour les gouvernements et grandes entreprises

 

 

écoconception - normes

 

P XP ISO/TR 14062

Management environnemental - Intégration des aspects environnementaux dans la conception et le développement de produit – Norme expérimentale (XP) – Janvier 2003

 

 

analyse d’impact sur les écosystèmes – rapports, cadres et programmes

 

P Millenium Ecosystem Assessment

Évaluation des Écosystèmes pour le Millénaire – Rapports et cadre d’évaluation – par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement)

P Forest Footprint Disclosure Project

ONG spécialisée dans l’évaluation de l’Empreinte forestière

The Guide to Forest Footprint Disclosure – The Questionnaire – The Scoring Methodology

P CDP Water Disclosure

Programme conjoint au Carbone Disclosure Project – Evaluation de l’impact sur l’eau

P Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN)

Rapports, outils d’évaluation et guidelines (protection des espèces, écosystème, eau, etc.)

P World Resources Institute (WRI)

ONG spécialisée dans le développement durable – Programmes, rapports et guidelines

The Corporate Ecosystem Services Review: Guidelines for Identifying Business Risks & Opportunities Arising from Ecosystem Change

Guidelines for Carbon Dioxyde Capture, Transport, and Storage

 

 

communication environnementale produits et services – normes et référentiels

 

P NF EN ISO 14020

Étiquettes et déclarations environnementales – Principes généraux - Février 2002

P NF EN ISO 14024

Marquage et déclarations environnementaux - Étiquetage environnemental de type I - Ecolabels – Principes et méthodes – Mai 2001 - (certifiable)

P NF EN ISO 14021

Marquage et déclarations environnementaux - Etiquetage environnemental de type II - Autodéclarations environnementales – Octobre 2001

P NF ISO 14025

Marquage et déclarations environnementaux - Déclarations environnementales de type III - Écoprofils - Principes et modes opératoires – octobre 2006

P BP X30-323

Principes généraux pour l'affichage environnemental des produits de grande consommation – Référentiel de Bonnes Pratiques (BP) – Septembre 2009

Elaboré par l’AFNOR, en collaboration avec l’ADEME et 20 groupes de travail sectoriels et 3 groupes transversaux « affichage environnemental des produits de grandes consommations »

> Groupes de travail Affichage environnemental

 

 

labels certifiables et mentions valorisantes

 

P alimentation

AB, Rainforest Alliance, Nature et Progrès, Demeter, Marine Stewardship Council (MSC), Max Havelaar, Ecolabel européen, Bio cohérence

 

P bois et papeterie

Forest Stewardship Council (FSC), PEFC, APUR, NF environnement, Ange bleu

 

P hygiène et cosmétique

Nature et progrès, BDIH, Natrue, Cosmébio, Ecocert, Ecolabel européen, Max Havelaar, Bio Equitable

 

P textiles

Naturtextil, GOTS, Oeko Tex, Ecocert, Bio equitable

 

P bâtiment et équipements

BBC effinergie, PassivHaus, Minergie, HQE, Diagnostic de Performance Energétique, Labels de la Réglementation thermique 2005 (HPE 2005, HPE 2005 EnR, THPE 2005, THPE 2005 EnR)

Flamme verte (bois), Qualisol et Qualipv (solaire), Qualipac (pompes à chaleur),  NF environnement

 

P consommation énergétique des équipements électriques et électroniques

Energy star, étiquette énergie

 

P consommation énergétique des véhicules

Etiquette énergie/CO2

 

P arts graphiques

Imprim’vert

 

P recyclage des deee - déchets équipements électriques et électroniques

E-stewards certified, certification de recyclage

 

P voir aussi

Sur le site ecolabels.fr, les catégories de produits en développement ou en révisions

Sur le site NF environnement, l’ensemble des autres catégories de produits labélisés

 

 

ong et partenariats entreprise

 

P 1% for the planet “Keep earth in business” (label)

P WWF (World Wildlife Found) (partenariats entreprises)

P Fondation Nicolas Hulot (FNH) (partenariats entreprises)

 

 

autres organisations

 

P Entreprises pour l’environnement (EPE)

Publications, rapports, questionnaires, GES et transports, GES et déchets, etc.

 

 

À venir : mise à jour de ce panorama, à mesure de vos commentaires et compléments, panorama sur la dimension sociale

 

 

Philippe Cornet – philippe.cornet@les-evolutionnaires.com

 

Les évolutionnaires : blog d’analyses et commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable et l’environnement ; avec méthodes et outils.

 

Copyright © — Philippe Cornet — 29 mai 2010

Rédigé le samedi 29 mai 2010 à 14:40 dans De la méthode et des outils | Lien permanent | Commentaires (0)

Tags Technorati: acteurs, environnement, normes, outils, référentiels

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Pour être durable : innover… Et même plus : éco-innover !

Responsabilité sociétale de l’entreprise, approche par les parties prenantes, protection de l’environnement, reporting développement durable. Au delà des fondamentaux, et si la durabilité d’une entreprise se mesurait d’abord à sa capacité à innover ? Pour les entreprises elles-mêmes et pour les agences de notations financière et extrafinancière,  il y a place pour développer de nouveaux modèles d’analyses stratégique et économique, et des indicateurs…

 

Les fondamentaux de la durabilité

 

Bonne gestion et maîtrise des risques (sociaux, économiques, environnementaux) sont à l’évidence les fondamentaux pour quelque entreprise que ce soit. La bataille des couts mobilise. Mais elle est un « océan rouge1 ». Recherche de productivité, dumping social, fiscal, sanitaire ou environnemental dans les « low cost countries ». Une lutte sans fin. Maitriser les couts et les risques est indispensable. Mais est-ce moteur sur le long terme ? Est-ce porteur de valeurs ?

 

Pas de lien entre parts de R&D et succès

 

La France accuse, de l’avis de nombreux observateurs, un retard certain en matière d’innovation. Majoritairement, ce sont les innovations produits et procédés qui sont valorisées par les acteurs économiques et soutenues par les pouvoirs publics. Pourtant, la part des services dans le PIB est de plus de 70 %...

 

Côté indicateur, l’approche classique est la part de R&D dans le CA. Elle est exprimée en pourcentage et comparée aux référents du secteur. Mais dans la R&D, quelle est la part de R et la part de D ? Difficile à savoir, dans la plupart des cas. En quoi le développement a-t-il rapport avec l’innovation ? Même chose si l’on regarde le nombre de brevets déposés. Pourquoi serait-il synonyme de capacité à durer ?

 

La part de R&D est une donnée strictement quantitative, le plus souvent inexploitable en l’état. Il en va de même pour le nombre de brevets. Ou l’âge d’une gamme. Rien de tout cela ne dit la capacité de l’entreprise à valoriser ses innovations, à créer son futur. Une étude de Booz Allen Hamilton2 démontre d’ailleurs qu’il n’y a pas de lien direct entre le montant des dépenses de R&D et le succès des entreprises.

 

Le risque des schémas préétablis

 

Les grands corps seraient-ils inévitablement condamnés à la sclérose et à la chute après des années de prospérité ? Les petites et moyennes organisations seraient-elles réduites à rester concentrées sur l’opérationnel ? C’est le risque du fonctionnement dans des schémas préétablis. Et « Quand on fait ce qu’on a toujours fait, on a les résultats que l’on a toujours eus ».

 

De la même manière, l’innovation ne saurait se limiter à la seule réponse à la demande latente. Ce serait confondre innovation et nouveauté. Les mêmes études de marché conduisent aux mêmes résultats. Le client n’exprime pas son besoin d’innovation, il n’invente pas le monde de demain. Pour une entreprise, il ne s’agit donc pas seulement de se laisser guider par le marché, mais de l’anticiper et de le créer.

 

De l’innovation technique à l’innovation systémique

 

Selon Antoine Riboud, ancien président et fondateur de Danone, « l’innovation est une alliance entre recherche, marketing, instinct, imagination, produit et courage industriel ». Ce faisant, il définit les contours de ce qu’est l’innovation : ce n’est pas de la technique : c’est un système de pensée dans lequel la technologie n’est qu’une des composantes.

 

Apple symbolise aujourd’hui le concept d’innovation systémique : nouvel écosystème de ventes et de production de contenus + valeur d’estime (design, image de marque) + valeur d’usage (ergonomie fonctionnelle et cognitive, fonctionnalités) + technologie. Ce qu’Apple pose au centre, c’est l’individu, le consommateur et son expérience dans la chaine complète de création de valeur. L’innovation est système.

 

Innover sur le périmètre étendu de l’entreprise

 

Empowered consumer, cocréation de valeur, innovation conjointe. Avec internet, la relation des entreprises au monde est profondément transformée. C’est tout le rapport sociologique de l’entreprise à son écosystème qui se voit modifié. Ce qui est en jeu, « c’est la capacité de l’entreprise à innover, certes, mais surtout à capter les idées, beaucoup plus nombreuses venues de l’extérieur3 ».

C’est son habilité à innover de manière systémique, avec l’ensemble des forces de l’entreprise, de l’amont à l’aval. Avec son réseau naturel : ses fournisseurs. Avec ses clients. Avec le monde de la recherche. Etc. Ce qui est en jeu, c’est son ouverture vers le monde, seule garante à terme de sa capacité de création et d’innovation.

 

Saisir l’opportunité de la conception pour éco-innover

 

L’environnement, dimension prédominante du développement durable, offre une formidable opportunité d’innover et, dans le même temps, de repenser les modes d’innovations.

 

Premier pas, indispensable : intégrer l’environnement dans les processus de conception, de reconception ou d’optimisation : l’écoconception.

 

Deuxième étape, signe de maturité : redéfinir l’organisation, les acteurs et les méthodes de conception en y associant les techniques de créativité : l’éco-innovation.

 

C’est un défi considérable en termes de management que de développer une véritable culture de l’innovation et d’exploiter le potentiel des techniques de créativité. Et faire le saut de l’écoconception à l’éco-innovation…

 

Quels indicateurs développement durable et innovation ?

 

Vous en conviendrez, il existe un lien étroit entre pérennité (un développement durable) et capacité d’innovation.

 

Que ce soit au travers des modèles classiques d’analyse stratégique et économique, de notation extrafinancière, le marché cherche à qualifier et mesurer le développement durable. Le reporting associé à la RSE4 s’appuie sur le référentiel GRI5. Mais ce reporting nous dit-il la capacité à se développer durablement des entreprises, sous l’angle de l’innovation ?

 

4 champs peuvent être objectivés qualitativement et quantitativement.

 

Anticipation : l’entreprise est-elle passive, réactive, préactive ou proactive ? Quelle est son attitude face à l'avenir ?

Expérimentation : quel est son niveau d’expérimentation de nouveaux concepts, de nouveaux produits et services, de nouveaux business models ? etc.

Ouverture : quelle est sa capacité à penser des écosystèmes innovants ? À capter et être en phase avec l’évolution des tendances ? etc.

Transition : Quel est son niveau d’intégration de l’écoconception, de l’éco-innovation ? Quelles transitions du modèle économique, dans son contexte de rareté et de volatilité des ressources ?

 

Dès lors que les fondamentaux de bonne gestion sont acquis, une entreprise ne saurait être durable sans un potentiel d’innovation constamment renouvelé. Pour la communauté des observateurs et analystes du développement durable, l’élargissement des critères d’audit est incontournable.

 

« Quelle est votre définition du mot diriger ? », « Prévoir ». « Et du mot créer ? », « Prévoir aussi » [Philippe Starck]. Dans un monde en perpétuelle évolution, tout reste à inventer, toujours…

 

Philippe Cornet

 

Les évolutionnaires : le blog d’analyses et commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable et l’environnement - Méthodes et outils.

 

Copyright © — Philippe Cornet — publié le 25 mai 2010

 

À venir : les modèles d’innovation

1 à « Stratégie océan bleu » – W Chan Kim et Renée Mauborgne – Pearson Village Mondial

2 à Booz Allen Hamilton est un cabinet-conseil – étude réalisée en 2005 sur les 1000 premières entreprises mondiales.

3 à La prospective stratégique – Michel Godet et Philippe Durance – Dunod

4 à Responsabilité Sociétale des Entreprises

5 à Global Reporting Initiative

Rédigé le mardi 25 mai 2010 à 20:19 dans De l'écoconception et de l'innovation | Lien permanent | Commentaires (0)

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Développement durable, environnement : d’abord un enjeu de management et de ressources humaines...

Quelles inflexions sont induites par la montée en puissance du développement durable ou de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) sur les métiers et l’organisation des entreprises ? Une question primordiale à laquelle doivent répondre les dirigeants d’entreprises, les DRH et leurs équipes.

 

Une nouvelle dimension temporelle

 

La question du développement durable n’est résolument pas nouvelle. Elle trouve ses fondements dans l’éthique des affaires (années 70) et dans la préoccupation pour l’environnement (années 60). Le rapport « the limits to growth » du club de Rome (1972) et le rapport Brundtland (1987) posent les bases de ce qui anime le développement durable aujourd’hui : la pression démographique, l’aspiration au développement des PevD et des pays émergents, les conditions de la mondialisation.

 

Ce qui est nouveau, c’est l’augmentation durable de la pression sur les ressources et la volatilité qu’elle entraine (disponibilité, prix). Ce qui est nouveau, c’est l’horizon temporel : une entreprise doit se projeter au delà de 5 ans. Elle doit sécuriser durablement son activité. Dès lors, les métiers de planification et de la prospective voient leurs rôles renforcés.

 

La prédominance de l’environnement

 

Que ce soit pour les Français1, ou pour les leaders du développement durable2 en entreprise, l’environnement est la dimension prédominante du développement durable. Elle est perçue comme une réponse aux enjeux du futur. Elle associe valeurs à création de richesse. Une enquête du pôle écoconception de Saint Etienne, réalisée auprès d’entrepreneurs, montre que pour 90 % d’entre eux, elle a été source de rentabilité (soit par les économies réalisées, soit par le développement du chiffre d’affaires).

 

Pour ces raisons, les métiers du management environnemental des organisations, de l’écoconception et de l’analyse du cycle de vie sont devenus stratégiques. Les entreprises qui l’ont compris ont mis en place des formations des équipes existantes, elles les ont dotées et formés aux outils et méthodes appropriés3.

 

Les entreprises pionnières sont déjà entrées dans l’air du « cradle to cradle4 », ou écologie industrielle, le déchet devenant matière première. Ce pas supplémentaire est la forme la plus aboutie de l’écoconception, elle prend en compte le traitement du produit en fin de vie. Le niveau de valorisation, la structuration et la rentabilité des filières de recyclage sont un enjeu majeur. Les métiers de l’écologie industrielle vont monter en puissance, sous l’effet conjoint des obligations règlementaires et de la volatilité des matières premières.

 

Cette évolution des compétences rend possibles l’évaluation, la certification et la labellisation par tierce partie des organisations, produits et services, seule à même de garantir la réalité de l’engagement vis-à-vis des clients professionnels ou des consommateurs. Elle introduit une culture de l’audit.

 

Les clients grands comptes, l’« état exemplaire » et les collectivités territoriales insèrent des clauses développement durable dans leurs politiques d’achats qui dépassent la simple déclaration d’intention. L’évaluation permet de garantir la réalité de l’engagement. Autant d’impacts sur le métier des acheteurs.

 

Intégration stratégique et intégration opérationnelle

 

Par définition5, la stratégie d’une entreprise évolue à mesure que son environnement évolue. Une entreprise doit elle se doter d’une stratégie développement durable ? La question est plutôt : quels sont les enjeux nouveaux (menaces et opportunités) sur les quatre dimensions du développement durable6 et sur les 5 forces7 de la concurrence ?

 

Trop souvent, c’est sur la maitrise des risques (environnementaux, économiques et sociaux) ou sur la réduction des couts que se focalisent les entreprises. C’est oublier que, dès lors que les fondamentaux de bonne gestion, sont acquis, la durabilité d’une entreprise vient de sa capacité innovation.

 

Les programmes General Electric Ecomagination et Veolia Innovation Accelerator sortent l’environnement de la contrainte pour le ranger dans le champ de l’opportunité. Quel avenir pour une entreprise qui voit tout en forme de contrainte ? Pour les managers et les ressources humaines, c’est l’occasion de se reposer la question de la place de l’innovation et de la capacité d’innovation. Intégrer l’innovation et la créativité dans les démarches de conception suppose de lever de nombreux freins. La formation aux techniques de créativité devrait concerner toutes les strates de l’entreprise. Le budget R&D ou le nombre de brevets déposés ne saurait être considéré comme seuls indicateurs de la capacité d’innovation, sauf à considérer que l’innovation ne peut être que technique...

 

L’intégration opérationnelle constitue le socle d’une politique de développement durable. Quels que soient les métiers, quels que soient les niveaux hiérarchiques. Il faut à tout prix éviter une absence de crédibilité (la RSE perçue comme « cosmétique ») ou un effet soufflet (une mobilisation qui ne dure pas dans le temps).

 

Un besoin d’acculturation et de formation considérable

 

Qu’est-ce que le développement durable ? Quels enjeux pour mon secteur d’activité ? Pour mon entreprise ? Quelles stratégies et plans d’action ? Et enfin quelles évolutions sur mon métier et mes responsabilités ? Des questions essentielles auxquelles chaque collaborateur devrait être en mesure de répondre... La surmédiatisation a développé les représentations, clichés et contrevérités. On mélange principe de précaution et le principe de prévention, l’actualité survalorise la question des gaz à effet de serre, alors que l’eau est au moins aussi importante. Chaque entreprise doit se réapproprier le thème et ses enjeux. Le besoin est fort de comprendre, de partager le diagnostic. Les ressources humaines ont un rôle clé à jouer dans la conduite du changement : acculturation, sensibilisation, formation/action, compétences clés et évolution des compétences.

 

Des enjeux sectoriels différenciés

 

Outre les métiers cités précédemment, les enjeux sectoriels en matière de compétences diffèrent considérablement. Le besoin de compétences dans les métiers de l’énergie, de la maîtrise de l’énergie, de la prévention et du traitement des risques, pollutions et nuisances est prégnant dans le secteur de l’industrie. Le secteur du bâtiment va devoir s’approprier de nouvelles techniques constructives, passer des tests d’infiltrométrie, mettre en œuvre d’équipements complexes et s’intégrer aux plans départementaux de gestion des déchets du BTP. Avec 31 millions de logements à rénover… Les dispositions du Grenelle II, en l’attente des décrets d’application, impactent de nombreux métiers de la fonction publique (SCOT, Code de l’urbanisme, affichage, transport, trames verte et bleue, etc.). Autant de besoins d’apprentissages nouveaux.

 

Une nouvelle gouvernance

 

Responsable QSE8, responsable développement durable ou CSR9, la RSE implique la création de nouveaux métiers, ou une extension de compétences de métiers existants. La RSE, sur ces 3 dimensions nécessite une vision, une expertise et une coordination à l’échelle de l’entreprise. Elle a pour mission essentielle de définir les indicateurs pertinents. Elle doit permettre le reporting que ce soit dans le cadre international du GRI10 ou dans le cadre français de la loi NRE. Il s’agit de répondre au besoin de transparence de la société et à la notation extrafinancière.

 

Les implications sur le métier des ressources humaines

 

Intégration de la génération Y, stress au travail, diversité, désengagement des collaborateurs, dialogue social, choc démographique, emploi des seniors, les défis sont nombreux pour la fonction ressources humaines. Que serait une politique RSE qui ne reposerait pas sur quelques fondamentaux essentiels comme les conditions de travail et la sécurité (y compris à l’international) ou qui ferait l’impasse sur le bon aboutissement des négociations annuelles obligatoires sur les salaires ?

 

Au delà, la fonction RH est attendue sur les indicateurs sociaux de la RSE et sur le partage de la valeur ajoutée. Danone et EDF montrent la voie avec de nouvelles formes d’intéressement : la part variable des dirigeants est assise pour 1/3 sur la performance économique, 1/3 sur la performance sociale et 1/3 la performance environnementale. Une politique RSE se devrait reposer sur des objectifs (économiques, sociaux et environnementaux) qualifiés et quantifiés pour chaque manager. Des objectifs évalués et déclencheurs de la rémunération complémentaire : vous en mesurez aisément les effets…

 

Philippe Cornet

 

Les évolutionnaires : le blog d’analyses et commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable et l’environnement

 

Copyright © — Philippe Cornet — mai 2010

 

 

1 " Enquête Ipsos – le développement durable, quelle réalité pour les Français – janvier 2009

2 " Baromètre FEDERE – La poste – Les Échos – Mars 2010

3 " Normes du management environnemental des organisations, de l’écoconception, de l’analyse du cycle de vie – logiciels EIME, SimaPro, EcoDesign Pilot, etc.

4 " Cradle to Cradle est une marque de certification déposée (C2C). En France ont utilise le terme d’écologie industrielle ou encore d’écologie circulaire.

5 " « La stratégie consiste en permanence et chemin faisant, à créer et à maintenir les conditions de congruence économique, technique, sociale, politique entre l’environnement perçu et/ou construit et l’organisation, pour que celle-ci dispose d’un potentiel de performance renouvelé » Alain-Charles Martinet

6 " Performance économique, protection de l’environnement, équité sociale, responsabilité sociétale.

7 " Pouvoir de négociation des clients, des fournisseurs, menaces de nouveaux entrants, menaces des produits de substitution, concurrence intrasectorielle. Les 5 forces de Michael Porter.

8 " QSE : Qualité Sécurité Environnement

9 " CSR : Corporate Social Responsability

10 " GRI : Global Reporting Initiative

Rédigé le samedi 15 mai 2010 à 17:19 dans Du management et de la conduite du changement | Lien permanent | Commentaires (0)

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Hybride, électrique, qui va gagner la bataille de la voiture du futur ?

Francfort, Genève, Pékin. Depuis plusieurs mois, les constructeurs1 présentent en nombre des véhicules hybrides et électriques. Mai 2010, les essais in situ de la Toyota Prius « Hybrid Plug-in » démarrent à Strasbourg. Déjà 6 candidats au projet Auto’ Lib de Paris pour un démarrage prévu en 2011. La Peugeot Ion électrique commercialisée en octobre. Renault qui promeut le tout électrique et l’échange de batteries « quick and drop ». Même Ferrari nous gratifie d’un bolide « vert » la 599 Hybrid Supercar ! Du concept car au développement, quelle réalité pour le marché ? État des lieux des forces en présence et de leurs partis pris ; des facteurs clés et des enjeux pour la voiture de demain. Plus qu’un article, un dossier complet.

 

Les forces en présence et leurs partis-pris technologiques

 

La récupération d’énergie au freinage et en décélération est commune à ces 5 technologies. De même que le stockage dans des batteries. Au passage, le stop and start n’est pas une hybridation…

 

ü  Le « full hybrid ». Acteur historique, Toyota est le leader de la technologie hybride. Sur la Prius actuelle et très bientôt l’Auris, c’est le système hybride série/parallèle. Il peut utiliser pour la motricité l’électricité seule, coupler énergie électrique et thermique et générer de l’électricité à partir du moteur thermique. Les batteries ont une capacité de stockage faible et l’autonomie en tout électrique très limitée (quelques km). Ce principe est retenu par PSA dans ses projets Hybrid4, mais dans une configuration étonnante. La partie électrique, standardisée est installée à l’arrière. Elle offre la propulsion en mode tout électrique (4,5 km d’autonomie) et 4x4 de manière occasionnelle. Hors le cas particulier de PSA, le principe du full hybrid est aujourd’hui largement développé. Il est utilisé notamment par le groupe Ford et présent dans sa formule compétition en Formule 1 (le KERS). BMW, Mercédès, Audi, Ferrari, Volkswagen, etc. s’inspirent de ses principes dans leurs projets.

 

ü  Le « mild hybrid ». Honda, propose un hybride parallèle, plus simple, moins couteux, d’un faible poids et encombrement. Il est conçu pour fournir une assistance à la motorisation thermique. C’est l’Integrated Motor Assist (IMA). Il n’est pas conçu pour être autonome en mode tout électrique.

 

ü  Le « plug-in hybrid ». C’est encore Toyota qui en sera le précurseur. L’autonomie en mode tout électrique est augmentée (jusqu’à 20km) par des batteries à plus forte capacité. Les batteries peuvent être rechargées de manière autonome, sur des bornes de recharges dédiées.

 

ü  Le « full electric ». Renault s’illustre dans ce domaine en proposant dans les prochaines années rien moins que 4 modèles, et 3 modes de recharge : lente, rapide et par échange de batteries (technologie quick and drop, développé en collaboration avec Better Place). Le Groupe Bolloré, Think, Heuliez, etc. souhaitent se positionner sur ce marché. Tandis que Mini, Smart teste d’ores et déjà des véhicules et que quasiment tous les constructeurs ont des projets dans leurs cartons.

 

ü  Le « electric with range extender ». Littéralement l’électrique à autonomie augmentée. Présentée par Chevrolet (Volt) et Opel (Ampéra), du groupe General Motors, la motricité est 100 % électrique. Un moteur thermique (générateur ou groupe électrogène) autonome et optimisé produit de l’électricité stockée dans les batteries pour augmenter l’autonomie.

 

L’autonomie, le premier facteur clé

 

Les Américains font en moyenne 40 miles par jours, les Français 20 km. Sur les modèles hybrides (mild, full et plug-in), la question de l’autonomie ne se pose pas. Pour les véhicules tout électrique, l’autonomie annoncée est de 130 km chez PSA2 — 160 km chez Renault3 — 250 km chez Bolloré4, — 236 miles (380 km) et bientôt 300 miles (480 km) chez Tesla5. Un client, avec le Tesla Roadster en utilisation réelle a parcouru le record de 311 miles (500 km). Pour les électriques à autonomie augmentée, l’autonomie annoncée par Chevrolet pour sa Volt est de 40 miles (64 km) en tout électrique et 300 miles (480 km) avec l’extender/le générateur.

 

Ceci posé, l’autonomie sera sans aucun doute un des premiers freins au développement du tout électrique. Entre autonomie annoncée et autonomie réelle, selon les parcours (ville, route), les conditions de circulation (fluide, embouteillage), l’utilisation ou non d’équipements (climatisation, phares, radio, etc.), la peur de la panne et l’obligation de toujours calculer, même en ville, va en rebuter plus d’un. C’est là un frein majeur au développement du tout électrique. Les systèmes d’information (borne de recharge la plus proche, autonomie restante, etc.) devraient tenter de compenser ce (lourd) handicap.

 

Le consentement à payer des clients, facteur clé à égalité avec l’autonomie !

 

Les clients particuliers. Le prix des nouvelles solutions (plug-in, full electric et electric range extender) n’est pas encore parfaitement connu. Seules des estimations (élevées) sont avancées. À l’heure ou les véhicules « low cost » cartonnent et ou la crise maintient un niveau élevé de chômage, les clients, dans leur grande majorité, ne sont pas prêts à augmenter leur budget voiture.

Par ailleurs, peu de clients raisonnent leur véhicule en cout complet (achat, financement, entretiens, réparations, assurances, parking, consommations). Dès lors, les formules de location ou d’abonnement mettront du temps à s’installer. Même si le plein d’électricité ne coute que quelques euros (estimé de 2 à 4 euros). Ce sont donc des clients aisés et/ou convaincus qui consentiront le surcout et les contraintes. Avec, vraisemblablement, un effet de mode du côté des « geeks » et des « early adopters »…

 

Les clients professionnels et entreprises publiques. Habitués à la gestion fine de leur parc, à la connaissance parfaite des couts et des trajets, ils vont constituer l’essentiel des commandes. L’état français s’est engagé sur une commande de 100.000 véhicules sur 5 ans. Mais ça représente quoi en % de la commande publique ? Le modèle auto-partage (auto’lib, etc.) devrait lui aussi se développer, mais, à l’instar de sa version deux roues, la question de la dégradation devrait pénaliser son développement. À observer dans le temps. Enfin, les loueurs ont marqué un intérêt significatif.

 

Les infrastructures : des milliards d’euros et plusieurs dizaines années.

 

Sur le sujet, Renault a multiplié les coopérations6 et partenariats, sentant qu’il y avait la une condition majeure de succès. Les grands acteurs des parkings sont engagés. De même que les loueurs. Mais créer l’infrastructure collective et individuelle ad hoc, ce sont des milliards d’euros et sur plusieurs dizaines années. Et quels rôles vont jouer les pétroliers et opérateurs de stations-services, sachant que leur maillage naturel serait un accélérateur ? Facteur limitant, une borne c’est 15 m2 au sol, à minima, et les m2 sont rares, et chers…

 

L’anoblissement des véhicules haut de gamme et 4x4 grâce à l’hybride

 

C’est dans le haut de gamme, les véhicules à plus de 30.000 euros que l’hybride va non seulement se développer, mais se généraliser. Il offre en effet une nouvelle respectabilité aux propriétaires de 4x4 et de grosses berlines par l’aspérité « verte » de leur véhicule. De plus, il permet aux constructeurs de véhicules haut de gamme de respecter les engagements de réduction de CO2, pris au niveau européen. Qu'est-ce que 3 à 7000 euros pour l’hybridation d’un véhicule premium ?

 

L’état pour aider au lancement

 

Tous les états souhaitent promouvoir l’automobile électrique avec des primes associées (5000 euros en France). Cette prime compense, en partie, le surcout du véhicule, pour un particulier. Mais dans un contexte de déficit budgétaire, le bonus pourrait être revu à la baisse. Peu vraisemblable les premières années, pour soutenir le lancement et avec un niveau de ventes faible…

 

Les atouts incomparables de l’électrique

 

Un couple élevé et 100 % disponible, un confort de roulement (seuls subsistent les bruits aérodynamiques et de roulement), un rendement optimal (90 % de rendement pour un moteur électrique), il faut avoir conduit un véhicule électrique pour se rendre compte de ces atouts.

 

Quelles solutions vont s’imposer et pourquoi ?

 

L’hybride de manière générale (mild, full, plug-in) devrait se développer rapidement sur les segments moyennes supérieures (10,2 % PDM en 2009 en F) et supérieures/luxes (4,8 % PDM)) et les SUV et 4x4 (sur les modèles polyvalents). Le facteur prix intervenant marginalement, l’acceptabilité et l’image faisant le reste. À mesure que les volumes seront là et que le cout baissera, il s’étendra aux versions haut de gamme des segments moyennes inférieures et économiques/inférieures. Avec vraisemblablement une prime au groupe PSA, pour le plus produit apporté par son système.

 

Par son cout, son autonomie et l’absence d’infrastructure, le tout électrique devrait se cantonner aux marchés des flottes et des collectivités. S’y ajoute quelques particuliers7 à fort pourvoir d’achat et les engagés, consentant à payer plus. Le plus souvent en seconde voiture pour les premiers. Avec une prime aux véhicules offrant la plus grande autonomie (Bolloré, Tesla).

 

Pour le grand public, il y a fort à parier que la solution retenue par le groupe GM (électrique à autonomie augmentée) va s’imposer comme la nouvelle référence. Elle cumule tous les avantages : atouts de l’électrique, autonomie significative en mode électrique, autonomie totale, optimisation du rendement du générateur (thermique), standardisation du générateur (cout et industrialisation), capacité à profiter de l’évolution du progrès technologique (sur les batteries, sur le rendement du générateur), affranchissement du développement de l’infrastructure et enfin cout d’usage en mode électrique. Il devrait s’affirmer comme le modèle gagnant. Que voila une géniale innovation de concept ! Et la durabilité d’une entreprise, ne se mesure-t-elle pas aussi à l’aune de sa capacité d’innovation…

 

Quelles parts de marché ?

 

Pour PSA, l’hybride c’est de 10 à 50 % en 2020. C’est large ! Pour le Sénat, c’est 5 à 15 %. Mercédès annonce 1 hybride sur 5 en 2015. Et l’hybride c’est aujourd’hui 0,5 % de part de marché. Il semble réaliste, de considérer, dans un horizon de 10 ans une part de marché 50 % de l’hybride sur les deux segments supérieurs, ce qui représenterait 7,5 % en France. Avec une part moindre (les versions premium) des segments économique/inférieure et moyenne inférieure, cela porterait la part de marché la part de marché à 12 %. Sauf choc pétrolier…

 

Côté tout électrique, les prévisions sont nombreuses. En 2020, Carlos Ghosn prévoit 10 %. Pour Volkswagen, c’est 1,5 %. 3 % pour Valeo. 5 % pour PSA. Si l’on veut se livrer à des prévisions sérieuses et réalistes, il faudrait être en possession de chiffres plus complets sur le marché ; avoir enfin les prix définitifs (achats, abonnements, prix des bornes, etc.) ; un retour d’expériences des premiers acheteurs (autonomie, profil d’utilisation, profil de consommateurs) ; une prévision du développement des infrastructures…

 

L’inconnue GM. Si le prix de la solution technique est compétitif, elle pourrait emporter le marché, et rapidement…

 

Quid de la recherche et des ruptures technologiques ?

 

Le stockage de l’énergie mobilise et les laboratoires du monde entier fourmillent de projets... Exemples : Altair Nano sur les batteries à nanotechnologies, ou le changement de l’électrolyte des batteries par les chercheurs du Fraunhofer Institut für Chemische Technologie. Le CEA Liten, laboratoire public français est aussi impliqué dans la filière. La voie du stockage de l’énergie sous forme d’air comprimé est explorée. Pour autant il est impossible de prévoir le temps de l’émergence, de la recherche au développement jusqu’à l’industrialisation. Et à quels couts ? Le paysage technologique devrait donc peu évoluer dans les 5 à 10 ans à venir, si ce n’est sur l’amélioration et l’optimisation de l’existant.

 

Le bilan environnemental de l’automobile, de nombreuses questions en suspens…

 

Le bonus/malus écologique et le C02 ont focalisé la vision du bilan environnemental du véhicule sur sa phase utilisation. À quand l’étiquette carbone des véhicules, intégrant l’ensemble du cycle de vie ? La règlementation VHU (véhicule hors d’usage) rend possible une meilleure valorisation, mais les opérateurs du recyclage sont à la peine. À quand l’économie circulaire dans l’automobile ? Et l’électricité, il faut la produire : quel bilan carbone en phase utilisation d’un véhicule électrique en Allemagne avec part importante de l’électricité produite avec du charbon ? Et enfin quelle augmentation de l’énergie électrique et son influence sur les capacités de production ? Transition, transformation, lente et en profondeur, tel est le développement durable.

 

À venir : « automobile, le moteur thermique n’a pas dit son dernier mot ! » « automobile et économie circulaire ». Nous avons volontairement exclu de ce dossier d’autres technologies (pile à combustible, moteur à air comprimé), qui feront l’objet d’articles à venir.

 

Philippe Cornet

 

Les évolutionnaires : le blog d’analyses et commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable et l’environnement.

 

Copyright © — Philippe Cornet — mai 2010

 

1  AUDI : E-Tron, A8 Hybrid, Q7 Hybrid concept

BMW : Concept ActiveE, ActiveHybrid 7, X6 et 5, Megacity EV

BYD : E6

CHEVROLET : Volt et MPV5 Concept

CITRÖEN : C-Zéro

COMARTH : Cross Rider

HONDA : Insight, Civic Hybrid, CRZ Sport Hybrid, Jazz Hybrid

INFINITI : M Hybrid

KIA : Venga EV

LEXUS : CT200H

LOTUS : Evora Hybrid

LUMENEO : Sméra

MG : Zéro concept

MINI : EV

NISSAN : Leaf, Altima Hybrid

OPEL : Flextreme et Ampéra

PEUGEOT : Ion, RC Hybrid4, Prologue Hybrid4, 307 CC Hybrid Hdi,

PORSCHE : Cayenne Hybride, GTR3 Hybrid, 918 Spyder Hybrid

RENAULT : Kangoo ZE, Fluence ZE, Twizy ZE, Zoe ZE

SEAT : Ibe

SUBARU : Stella et Hybrid Tourer

SUZUKI : Swift Plug-In Hybrid

TESLA : Roadster

TOYOTA : Auris Full Hybrid, Prius Plug-in Hybrid, FT-EV, Yaris Hybrid

VALMET : Eva

VOLVO : Hybrid Plug-In

VW : Space up! blue zero-emission MPV, Touareg Hybrid

 

2   Citroën, Ion et C-Zéro commercialisées fin 2010

3   Kangoo ZE et Fluence ZE commercialisation en 2011*

4   BlueCar, commercialisée fin 2010

5   pour le Roadster (déjà commercialisé) ; pour le modèle S (commercialisé en 2012).

6 Israël, Danemark, Japon, Portugal, Usa Tennessee, Californie, Oregon, France, Suisse, Monaco, Irlande, Chine, Singapour, Italie, Allemagne, Espagne + GE Money, ALD et Arval.

7   Les accomplis, les libéraux et les solidaires, selon la segmentation ETHICITY de juin 2009.

Rédigé le mardi 04 mai 2010 à 15:44 dans De la recherche au développement | Lien permanent | Commentaires (0)

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Économiser sur la facture d’énergie pour l’éclairage, facile !

Il est parfois difficile d’avoir une vision globale d’un sujet, lorsque l’on souhaite s’y impliquer. Parmi les objectifs de ce blog (voir à propos du blog), fournir des méthodes et outils, aider au questionnement et favoriser les meilleures pratiques. C’est l’objet de ce « mind mapping » ou synoptique sur le thème des économies d’énergie liées à l’éclairage.

 

Est-il utile de rappeler quelques évidences ? La lumière diurne fournit un éclairage gratuit. Les meilleurs watts sont ceux que l’on n’a pas consommés « les négawatts1 ». Vient ensuite la question de l’efficacité énergétique, etc.

 

8 entrées : le juste niveau de lumière ; l’efficacité énergétique ; le pilotage et la régulation ; la qualité de lumière ; la qualité des équipements : durée de vie et pertes d’efficacité dans le temps ; les couts associés et le délestage.

 

Le synoptique est disponible en deux versions : PDF et FreeMind2.

Téléchargement Les-évolutionnaires_économies-énergies-éclairage_synoptique en version PDF

Téléchargement Les-évolutionnaires_économies-énergies-éclairage_synoptique en version FreeMind

 

Philippe Cornet

 

Les évolutionnaires : le blog d’analyses et commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable et l’environnement

 

Copyright © — Philippe Cornet — avril 2010

 

1 : concept issu de l’association négaWatt et titre d’un (excellent) ouvrage : La maison des [néga]watts – éditions Terre Vivante – Thierry Salomon et Stéphane Bedel

2 : FreeMind est un logiciel gratuit issu du monde du logiciel libre et téléchargeable sur SourceForge.net

Rédigé le vendredi 30 avr 2010 à 18:33 dans De la méthode et des outils | Lien permanent | Commentaires (0)

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Panorama des normes, référentiels, outils et acteurs du développement durable

Une vue complète des référentiels, normes, outils et acteurs du développement durable. Pour vous faire gagner du temps ou compléter votre vision du sujet (voir à propos du blog). Avec les limites associées à cet exercice : il ne dit pas quel est la méthodologie pertinente pour votre entreprise ou votre collectivité, ni comment s’en servir. Ce panorama a vocation à être complet et mis à jour.

Organismes de normalisation

 

ü  AFNOR – SD 21000 (évaluable tierce partie)

-    Guide pour la prise en compte des enjeux et principes du développement durable – mai 2003

-    Guide d’application — identification et hiérarchisation – avril 2006

-    Évaluation AFAQ 1000NR en 1000 points, 4 niveaux de progression (engagement, progression, maturité, exemplarité. Prochainement remplacée par AFAQ 26000.

 

ü  ISO 26000 (évaluable tierce partie)

-    En cours de validation – projet en décembre 2009 – parution en octobre 2010

-    Offre d’évaluation en cours par AFNOR et par Bureau Veritas, etc.

-    Déclinaisons sectorielles et guides d’application à prévoir

 

Nations Unies

 

ü  United Nations Global Compact (Pacte Mondial)

-    The Ten principles (Human rights, Labour standards, Environment, Anti-corruption)

ü  United Nation Environnement Program (UNEP/PNUE)

-    Lignes directrices pour l’Analyse sociale du cycle de vie (ASCV)

-    Boîte à outils pour l’analyse des entreprises durables dans les pays en développement

ü  United Nations – Division for Sustainable Development

-    Agenda 21

 

Organisations internationales

 

ü  The Global Report Initiative (GRI) " entreprises, organisations professionnelles, UNEP, UN Global Compact et ONG

-    Lignes directrices pour le reporting développement durable

-    Niveau d’application du cadre GRI

-    Indicateurs et protocoles (environnement, économie, social, sociétal)

ü  OCDE " 30 pays membres

-    Principes directeurs à l’intention des multinationales

ü  World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) " 200 entreprises multinationales

-    Council (water, energy) and sectors (forest, cement, tire, mining, etc.) projects

-    Water for Business: Initiatives Guiding Sustainable Water Management in the Private Sector

-    Mesuring impact framework methodology – Beyond Bottom line – User Guide

-    Many reports, case studies and guides

ü  London Benchmarking Group (LBG) " 100 entreprises UK et présence 10 pays

-    Corporate Community Investment : improving the measurement and management in community involvement

ü  Ethical Trading Initiative (ETI) " entreprises, syndicats et ONG

-    ETI Base Code – Principles of implementation

ü  Good Corporation " entreprise privée, issue du monde de l’audit (évaluable avec label)

-    Norme, référentiel anticorruption et évaluations

ü  Amnesty International " ONG 2,8 M de membres et sympathisants dans 150 pays

-    Guide des droits de l’homme dans les affaires

 

Organisations françaises

 

ü  Orée « entreprises territoires et environnement » " association de 70 entreprises, 30 collectivités et 30 associations

-    outils, publications et guides (écologie industrielle, plan déplacement, transports et logistique, biodiversité, etc.)

ü  ADEME

-    Les outils de questionnement d’analyse et politique des projets en matière de développement durable (OQADD) et 3 grilles d’analyse (analyse, mise en œuvre, synthèse)

-    Positionnement des outils du développement durable

ü  Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie (AFCCI)

-    Guide RSE : Améliorer la relation client-fournisseur, 15 recommandations

-    Guide RSE : Développement durable, quelle approche pour les PME ?

ü  Centrale Ethique (Ecole centrale)

-    GEODD : questionnaire d’auto-évaluation de l’entreprise réalisable en ligne

ü  Mouvement Français pour la Qualité - région Franche-Comté (MFQ-FC)

-    Les outils du MFQ-FC : La vue d’hélicoptère, L’alambic, Le quizz

ü  Mouvement Français pour la Qualité – Fédération des Associations Régionales

-    Méthode FAR/RS – Version 3 en mai 2009

ü  ORSE (Observatoire sur le Responsabilité Sociétale des Entreprises)

-    Guides, rapports, études et site internet dédié au reporting RSE des entreprises

 

Agenda 21

 

ü  Agenda 21 France – site portail des démarches agenda 21 en France

-    guide méthodologique  "Agir ensemble pour des territoires durables"

-    retour d’expériences, rapports, notes, guides

ü  MEDDM – Direction Générale de l’Urbanisme de l’Habitat et de la Construction – CERTU (Centre d’Études sur les Réseaux, les Transports, l’Urbanisme et les constructions publiques) « promouvoir une ville durable »

-    Grille de lecture développement durable 'RST 02'

-    Fiches repères du développement durable

ü  CERDD (Centre Ressource du Développement Durable) Groupement d’Intérêt Public en région Nord/Pas de Calais

ü  Local Evaluation 21

-    outil en ligne d’auto-évaluation des collectivités territoriales

 

Agriculture

 

ü  Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche

-    Méthode IDEA – Indicateurs de Durabilité des Exploitations Agricoles

 

Suisse

ü  Suisse – Canton de Genève – Agenda 21

-    Guide « PME et développement durable »

ü  Suisse – Maitriser sa responsabilité sociale : Outils pour PME (multipartites)

-    PME Social Kit

 

Acteurs

­   AFNOR (Association Française de Normalisation)

­   ISO (International Standard Organisation)

­   Global Compact (United Nation Global Compact)

­   GRI (Global Report Initiative)

­   OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique)

­   LBG (London Benchmarking Group)

­   ETI (Ethical Trading Initiative)

­   Fairtrade Labelling Organizations International (FLO)

­   WBCSD (World Business Council for Sustainable Development)

­   WRI (World Resources Institute)

­   IISD (International Institute for Sustainable Development)

­   UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change)

­   ORSE (Observatoire de la Responsabilité Sociétale)

­   RSE News (Portail de la responsabilité sociale et environnementale)

­   OREE (Entreprises, territoires et environnement)

­   Comité 21 France (collectivités locales et territoriales)

­   Observatoire national des agendas 21 locaux

­   AFCCI (Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie)

­   ADEME

­   Good Corporation

­   CERTU (Centre d’Études sur les Réseaux, les Transports, l’Urbanisme et les constructions publiques)

­   GEODD

­   IDEA

­   MFQ-FC  (Mouvement Français pour la Qualité – Franche-Comté)

­   MFQ/FAR (Mouvement Français pour la Qualité – Fédération des Associations Régionales)

­   Réseau Alliances pour la responsabilité sociale et environnementale

­   Suisse — PME Social Kit et Guide pour les PME

 

À venir, mise à jour du panorama, à mesure de vos commentaires et compléments, panorama sur la dimension sociale et la dimension environnementale

 

Philippe Cornet

 

Les évolutionnaires : le blog d’analyses et commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable et l’environnement

 

Copyright © — Philippe Cornet — avril 2010

Rédigé le vendredi 30 avr 2010 à 17:10 dans De la méthode et des outils | Lien permanent | Commentaires (0)

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Quelles questions clés, sur la dimension économique, dans une démarche de développement durable ?

Voilà une vaste question, s’il en est. Pas souvent abordée dans sa globalité. Elle s’articule autour de ses parties prenantes clés : les actionnaires, les fournisseurs, les acteurs du marché financier (banque, assurance, autorité de régulation, etc.). Et les salariés… Elle relève pour partie de l’engagement volontaire, versus les obligations légales et règlementaires. La question centrale au cœur des débats est : quelle répartition de la valeur ajoutée…

 

ü  Quelle gouvernance (missions, nominations, contrôles et régulations des organes dirigeants, rémunération des dirigeants) ?

 

ü  Quelles normes comptables (Locale, IAS/IFRS) ? et quels Audits et certifications ?

 

ü  Quelle transparence (AMF, Loi NRE) ?

 

ü  Quelles règles éthiques en général (code de déontologie, anticorruption, principes de Caux, etc.) et plus spécifiquement avec les PeVD (Fair Trade, ETI, etc.) ?

 

ü  Quelles relations financières, directes ou indirectes, avec les pays non coopératifs (OCDE, forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements, etc.) ?

 

ü  Quelle relation avec les fournisseurs (dépendance, propriété intellectuelle, délais de paiement, durée des contrats, etc.) ?

 

ü  Quelle répartition de la valeur ajoutée ? (Actionnaires ? Impôts ? Salariés ? R&D ?)

 

ü  Quelles règles d’arbitrages, explicites ou implicites, entre économie, social et environnement ? Et entre court terme, moyen terme et long terme ?

 

ü  Quelles relations avec la partie prenante clé « actionnaire » dans toutes ces composantes (actionnaires salariés, actionnaires individuels, associations et groupements d’actionnaires, actionnaires institutionnels, fonds de pension) ?

 

ü  Attractivité liée à la notation extrafinancière : les investisseurs, seule cible de la démarche de développement durable ? Quelle intégration dans les fonds ISR ?

 

ü  Financement — Principes équateurs ?

 

ü  Placements — Investissement dans des fonds ISR et fonds éthiques ?

 

ü  Approche patrimoniale — Quelle valorisation des dimensions « non financières » ? Goodwill des dimensions sociales et environnementales ?

 

ü  Quels risques économiques et financiers et quelles couvertures de ces risques ?

 

On pourrait aussi ajouter la relation économique avec les clients finaux (conditions de paiement, conditions de remboursements, etc.). Chaque interrogation en amène d’autres.

 

Cela reste un questionnement et les réponses à y apporter par les entreprises sont chaque fois uniques. L’échelle du temps, s’agissant du développement durable, c’est le long terme. Et son enjeu la conduite du changement.

 

Il y a la place pour la création de valeur associée aux partages de valeurs. De nombreux entrepreneurs ont compris qu’il est impossible de dissocier entreprise et éthique. L’éthique comme mode de gouvernance, l’éthique comme gage de pérennité et l’éthique en tant que valeur personnelle… Durable et pérenne, n’est-ce pas synonyme ?

 

À venir, les questions clés sur l’environnement, puis le social.

 

Philippe Cornet

 

Les évolutionnaires : le blog d’analyses et commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable et l’environnement

 

Copyright © — Philippe Cornet — avril 2010

Rédigé le vendredi 30 avr 2010 à 10:55 dans Du management et de la conduite du changement | Lien permanent | Commentaires (0)

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Les évolutionnaires : blog d’analyses et de commentaires sur le développement durable et l’environnement.

Un énième blog sur le développement durable et l’environnement ? Oui ! Et c’est peu dire qu’il existe sur le sujet une littérature abondante et un grand nombre de sites internet d’informations…

 

Quel est l’objectif du blog ?

 

Sur les thèmes du développement durable et de l’environnement. Avoir une approche globale de l’amont à

l’aval et une approche systémique. Tenter de la faire avec un (bon) certain niveau de synthèse. Hiérarchiser les questions. Amener une dimension méthodologique. Proposer une analyse critique. Et enfin promouvoir une vision prospective. Des objectifs ambitieux que nous chercherons à atteindre, avec humilité.

 

Nous voulons aussi ce blog utile et efficace par les ressources mises à disposition et directement exploitables par les professionnels. Cela n’enlève rien au rêve du clou et au risque du marteau1 !

 

Ca veut dire quoi être évolutionnaire ?

 

C’est considérer que sur ces sujets, comme dans l’histoire de l’humanité, tout est affaire d’évolution plus que de révolution. Les changements induits par le développement durable et l’environnement sont engagés depuis les années 60. Il faudra encore au moins une génération pour que cela soit prégnant dans les organisations, que le professionnalisme se développe, que l’offre s’enrichisse, etc. C’est affirmer que ce qui est en jeu, c’est la conduite du changement. Et puis la pression démographique, l’aspiration au développement des pays du sud et enfin les limites et la finitude des ressources exercent encore une pression faible sur l’ensemble du système. Ça ne fait que commencer… Il n’y a pas de révolution verte, il y a une transformation lente et en profondeur.

 

Votre participation est-elle la bienvenue ?

 

Prétendre tout connaître et pouvoir tout analyser seul serait pour le moins présomptueux…

 

Ce blog souhaite et nécessite votre participation. Remarques, précisions, compléments, suggestions et avis sont les bienvenus. Si les articles méritent des précisions ou rectifications, ils seront amendés.

 

Tentons simplement de ne pas être dans la polémique et élevons ensemble le débat. Visons l’honnêteté et la rigueur intellectuelle. Évitons les clichés et le facile. Nous espérons créer une communauté sur ces bases.

 

À qui s’adresse-t-il ?

Pour les dirigeants d’entreprises. Pour les professionnels du développement durable et du management environnemental, en charge de responsabilités qu’ils soient en entreprise ou dans le secteur public. Pour les médias. Pour les étudiants. Pour apporter un regard distancié, différent et complémentaire.

 

Par qui est-il édité ?

 

Nous, c’est Philippe Cornet, consultant indépendant en développement durable et management environnemental. Le blog : les évolutionnaires - le site de l’entreprise www.enviroptimum.com - le CV en ligne : www.philippe-cornet.com. Et vous, au travers de vos contributions !

 

Et pourquoi ?

 

Indispensable de partager, pour se nourrir et progresser. Incontournable de contribuer. Et bien sûr, se faire connaitre.

 

Les évolutionnaires : le blog d’analyses et de commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable, avec de la méthode et des outils, en toute humilité...

 

Philippe Cornet

 

Copyright © — Philippe Cornet — 2010. S’agissant d’une œuvre de l’esprit, son auteur souhaite simplement que tous téléchargements et reproductions soient soumis à son information préalable. L’occasion de créer un lien entre nous.

 

1 Michel Godet – Chaire de Prospective – Conservatoire National des Arts et Métiers.

Rédigé le mardi 27 avr 2010 à 12:40 dans À propos du blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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Quelles limites pour l’approche par les parties prenantes ?

Au cœur des démarches de développement durable, les parties intéressées ou parties prenantes. Un objectif : la prise en compte par l’entreprise, la collectivité des incidences potentielles de ses projets et la création d’un dialogue constructif qui permet de rapprocher les points de vue. Mais cette approche comporte de nombreuses limites…

 

La notion de parties prenantes s’est peu à peu imposée à mesure que le développement durable s’est structuré : le « stakeholder », détenteur d’enjeux, par complémentarité au « shareholder » détenteur du capital. Dès la déclaration de RIO en 1992, le principe de participation et d’information des citoyens a été affirmé pour l’environnement1. Il a été ensuite traduit en droit national notamment dans les études d’impacts et les enquêtes publiques. Le code du travail inclut une obligation de négocier, pour certaines entreprises et sur certains champs. La loi NRE étend l’obligation de transparence, pour les entreprises côtés, de la finance à l’environnement et au social. Sur le plan méthodologique et normatif (SD210002, ISO260003, FAR/RS4, etc.) enfin, la consultation des parties prenantes est omniprésente dans les référentiels. À l’évidence, les enjeux pour l’entreprise se sont étendus.

 

Pour autant, l’approche par les parties prenantes comporte de nombreuses limites, qu’il est bon de comprendre et d’intégrer.

 

Emmanuelle Dotenwill5, dans son article « Le management responsable » publié en 2005, identifie 3 limites.

 

C’est une approche anthropocentrée. Elle n’inclut pas en soi la défense du vivant (biotope et biocénose) et les parties prenantes non humaines sont défendues par des organisations humaines. Emmanuelle Dotenwill propose une extension de la définition classique « toute entité naturelle qui affecte ou est affectée par le projet ». L’homme est-il le plus à même de défendre l’intérêt de la nature ?

 

C’est une approche firmo-centrée. Son périmètre est par nature restreint. Celui de l’entreprise ou de la collectivité concernée. Elle n’offre pas toujours de vision globale ou de vision systémique. Elle est aussi limitée par la compréhension et la maîtrise de l’organisateur du dialogue.

 

C’est une approche sans fondement éthique. Il y a absence règles du jeu éthique ou morale dans la prise en compte d’une série d’intérêt particulier versus l’intérêt général, l’intérêt de l’humanité. La dimension morale du contrat entre les parties prenantes est faible.

 

Tentons d’approfondir et d’élargir le sujet, aux vues de nos observations et de retour d’expériences.

 

C’est une approche potentiellement créatrice de frustrations. L’expression des besoins de chaque partie prenante, va conduite à des arbitrages, des décisions qui vont révéler et potentialiser les insatisfactions de certains groupes d’intérêts, à fortiori si le dialogue est partiel ou artificiel. Dès le départ, les règles du jeu doivent être claires et partagées. Et les limites bien comprises. Dialoguer avec les parties prenantes est un art jusqu’à l’obtention d’un consensus.

 

C’est une approche qui exacerbe les réflexes de protection. Le syndrome NIMBY « Not In My Backyard » « pas dans mon jardin » en est un premier exemple. Très souvent exprimé par les parties prenantes. Et les exemples sont nombreux en France autour des déchets nucléaires, de la localisation des incinérateurs ou des champs éoliens. Il en va de même pour le principe de précaution, qui rappelons-le, est une invitation à développer la recherche (en prenant les mesures nécessaires à la prévention des risques) et pas une invitation à stopper le progrès.

 

Les besoins exprimés sont souvent prévisibles. Incontestablement les attentes génériques des parties prenantes sont déjà largement connues. Un fournisseur va attendre des délais de paiement respectés, des cahiers des charges clairs, une visibilité à moyen terme pour financer ses investissements ou consolider ses embauches… Un voisin sera sensible au bruit, aux odeurs, et potentiellement sous la crainte du risque industriel. Le client quand lui voudra un produit plus respectueux de l’environnement, des droits de l’homme, sans le payer plus cher…

 

C’est approche par la demande. Quelle place pour innovation ? La demande latente de la partie prenante client, s’exprime sur des référentiels connus que ce soit pour les produits ou les services. Elle est formulée en termes de satisfaction et insatisfaction. Le client n’exprime pas son besoin d’innovation, le client n’invente pas le monde de demain. Pour une entreprise il ne s’agit donc pas seulement de se laisser guider par le marché, mais aussi de proposer, de guider le marché, voire de le créer.

 

En effet, la concurrence s'adresse aux mêmes clients, les analyses des études de marché sont similaires, voire les mêmes. Les entreprises interrogent les mêmes sources d'idées et se comparent aux mêmes sociétés. Par conséquent, toutes les entreprises abordent leur marché avec la même perspective. On part du principe que le consommateur sait ce qu'il veut. C’est une vision pour le moins limitée de l’offre... Quelle est la place pour l’invention, l’innovation ? Ce n’est pas seulement l’innovation technologique ou de l’innovation produit mais l’innovation au sens large sur le business model (ex. : l’écosystème créé par Apple), sur le service (ex. : l’offre MU de Peugeot), la suppression des intermédiaires (ex. : Dell, myfab.com), etc. L’entrepreneur avisé est proactif6 et il agit pour construire le futur...

 

Alors, indispensable le dialogue avec les parties prenantes ? Sans aucun doute. Mais en en comprenant et maitrisant parfaitement les limites. De l'art de l'élaboration du consensus et de la conduite du changement... Et du temps nécessaire à la transformation.

 

Philippe Cornet

 

Les évolutionnaires : le blog d'analyses et de commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable et l'environnement.

 

1   « La meilleure façon de traiter les questions d'environnement est d'assurer la participation de tous les citoyens concernés, au niveau qui convient. »

2   SD 21000 par l’AFNOR, référentiel et guide d’application pour un développement durable

3   ISO 26000 par l’ISO, norme de la responsabilité sociétale, en cours de publication

4   Méthode FAR/RS – Mouvement Français pour la Qualité

5   Emmanuelle Dotenwill est professeure de marketing à l’EM Lyon

6   Michel Godet « Manuel de prospective stratégique » tome 1 et 2 – Dunod

 

Copyright © — Philippe Cornet — avril 2010

Rédigé le lundi 26 avr 2010 à 16:31 dans De la méthode et des outils | Lien permanent | Commentaires (0)

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