Fiable — solide – garanti — réparable, voire évolutif : la durée des produits manufacturés pris sous l’angle de leur durée d’usage. A la clef une autre manière de concevoir, de vendre et d’acheter. Et des gisements considérables pour le développement durable…
La question de la durabilité des produits manufacturés est essentielle en matière d’environnement, dans une logique de préservation des ressources et de maitrise des quantités de déchets.
C’est fort peu de dire que la qualité générale des produits manufacturés se dégrade. Sous la double influence - de leur délocalisation qui rend plus complexe l’assurance qualité - du prix d’achat consenti par les clients, le plus souvent à la recherche de la bonne affaire. Ce avec des différences notables, bien sûr, selon les secteurs. On peut y ajouter le concept fameux d'obsolescence programmée...
Les produits manufacturés sont le plus souvent encadrés règlementairement par des obligations de garantie, avec des durées minimales pour chaque catégorie de produits.
On observe que la durée de la garantie n’est que fort peu souvent un argument de vente. Seules les entreprises qui cherchent à se différencier sur ce critère (ex. : 7 ans de Garantie pour la marque Kia dans l’automobile) la mettent en avant.
Avançons quelques idées pour faire de la durabilité un critère d’achat, à nuancer et adapter selon les catégories de biens manufacturés.
Un indicateur de garantie
Donner au client une échelle de garantie, à la manière de ce qui existe pour la performance énergétique ? En positionnant le produit acheté sur une échelle de A (la durée la plus longue) à E (la durée la plus courte), le client, familiarisé avec ce mode d’information, serait en mesure d’orienter son achat. Cette méthode aurait des incidences certaines — sur l’amont (conception, industrialisation) — sur l’aval (service après-vente) — sur la segmentation des gammes de produits (de garantie minimale légale à garantie étendue). La visibilité de l’information pour le consommateur est un vecteur fort de changement potentiel.
Des obligations règlementaires renforcées
Renforcer les obligations règlementaires ? Dans le domaine de l’environnement, c’est souvent par la contrainte qu’est venu le progrès, sous l’influence de l’Europe principalement. Pour autant, l’environnement commence à entrer dans les champs des opportunités pour nombre d’entreprises. Dès lors, augmenter les durées de garantie par palier, pour permettre l’adaptation industrielle constitue une seconde voie de progrès.
Une généralisation de l’information sur la durée de vie
Généraliser l’information liée à la durée de vie du produit ? Bon nombre de produits échappent encore à la notion de durée de vie. Un exemple : les vêtements. Qui n’a pas été surpris par la dégradation rapide de la forme ou de l’aspect d’un vêtement après quelques lavages ? Lorsqu’un client achète un vêtement, c’est le hasard quant à son maintien dans le temps. Seules les marques peuvent compenser en partie cet état de fait. Mais le client n’a pas l’information. Résistant à 1000 lavages est une information pertinente, dans une logique de développement durable.
Une meilleure « réparabilité »
On pourrait ajouter aussi, la « réparabilité » des produits. Pour éviter de tout jeter plutôt que de réparer. La conception doit dès lors être modulaire et le produit démontable. Ce critère est déjà pris en compte dans l’automobile, pour les couts d’assurance.
Une plus grande évolutivité
L’évolutivité des produits. Pour changer un composant devenu obsolète par un composant plus performant. Cette évolutivité pourrait aisément couvrir les produits technologiques à obsolescence rapide.
Un critère évalué et comparé
L’action des associations de consommateurs gagnerait à prendre en considération ces paramètres : garantie/fiabilité/durée de vie. Au final, il revient au client de se prononcer sur la qualité des produits achetés et des marques et aux associations de consommateurs d’en organiser la prise de parole.
Rappelons le, la rareté et la volatilité des ressources (énergies et matières premières) ne font que commencer. La démographie et l’aspiration au développement des pays émergents vont exercer une pression de plus en plus forte sur nos modes de production et de consommation.
Ces idées avancées sont autant de pistes qui laissent place à l’innovation produits et au marketing. Et, se faisant, au développement des entreprises concernées…
Articles à venir : La proximité entre fabrication/production et vente doit-elle être remise au cœur des stratégies de développement ? La rechargeabilité des produits manufacturés : une idée simple pour avancer.
Philippe CORNET
philippe.cornet@les-evolutionnaires.com
Les évolutionnaires : blog d’analyses et commentaires, pertinents et impertinents, sur le développement durable et l’environnement. Méthodes et Outils
Copyright © — Philippe Cornet — 19 juillet 2010
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